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La Pyélonéphrite : une Infection urinaire à ne pas négliger

La pyélonéphrite est une infection du rein, et fait partie des complications graves possibles de la cystite, mais ses symptômes et sa prise en charge en sont différents.

5 min de lecture

illustration pyélonéphrite

La pyélonéphrite est une infection du rein, souvent une complication de la cystite. Ses symptômes sont cependant différents et sa prise en charge est plus complexe. Le Dr Camara-Sampil et le Dr Soares nous éclairent sur la pyélonéphrite aiguë simple chez la femme.

Qu'est-ce que la Pyélonéphrite ?

La pyélonéphrite est une infection des voies urinaires hautes, qui touche principalement les reins. Elle résulte généralement d’une infection bactérienne, souvent causée par la bactérie E. coli, tout comme la cystite. Cependant, elle est plus grave car elle affecte directement les reins. Les facteurs de risque sont similaires à ceux des infections urinaires classiques, notamment les relations sexuelles fréquentes, une mauvaise hygiène intime, ou encore la déshydratation.

Symptômes de la Pyélonéphrite

Les symptômes de la pyélonéphrite ressemblent souvent à ceux d’une cystite dans les premiers stades. Cependant, ils évoluent rapidement vers des signes plus graves, tels que :

  • Douleurs lombaires unilatérales (côté droit ou gauche)
  • Fièvre élevée (supérieure à 38°C)
  • Frissons
  • Nausées et vomissements
  • Météorisme abdominal (ballonnements)

Il est essentiel de noter que tous ces symptômes ne sont pas systématiquement présents. De plus, certains peuvent coexister avec les symptômes d’une cystite classique, comme les douleurs en urinant et les besoins fréquents d’uriner.

Différents Types de Pyélonéphrite

On distingue trois formes principales de pyélonéphrite :

  • Pyélonéphrite aiguë simple : sans signe de gravité.
  • Pyélonéphrite aiguë à risque de complications : sans gravité immédiate, mais nécessitant une surveillance accrue.
  • Pyélonéphrite aiguë grave : forme la plus sévère, nécessitant une hospitalisation.

La prise en charge varie en fonction du type de pyélonéphrite et de l’état de santé de la patiente. Dans certains cas, une consultation avec un urologue ou un spécialiste peut être nécessaire, surtout si la patiente présente des facteurs de risque particuliers, comme une malformation des voies urinaires ou une grossesse.

Diagnostic de la Pyélonéphrite

Le diagnostic de la pyélonéphrite repose sur un interrogatoire médical minutieux et un examen clinique. Lors de la consultation, le médecin vérifiera les symptômes (douleurs lombaires, fièvre, frissons, etc.) pour déterminer le type de pyélonéphrite.

Le médecin pourra prescrire plusieurs examens pour confirmer le diagnostic :

  • Bandelette urinaire : un test rapide pour détecter la présence de leucocytes ou de nitrites dans les urines.
  • Examen cytobactériologique des urines (ECBU) : permet d'identifier la bactérie responsable et de tester sa sensibilité aux antibiotiques grâce à un antibiogramme.

Dans certains cas, notamment si la douleur est intense ou si les symptômes persistent malgré le traitement, des examens supplémentaires comme une échographie rénale ou une prise de sang peuvent être nécessaires pour évaluer l’étendue de l'infection.

Traitement de la Pyélonéphrite Aiguë Simple

Le traitement de la pyélonéphrite aiguë simple repose sur l’administration d'antibiotiques pour une durée de 7 à 14 jours, en fonction du type d’antibiotique prescrit. Contrairement à la cystite, où des antibiotiques comme la fosfomycine ou la nitrofurantoïne sont souvent utilisés, ils sont inefficaces contre la pyélonéphrite. Les antibiotiques préférés pour traiter la pyélonéphrite sont :

  • Fluoroquinolones : ciprofloxacine, lévofloxacine, ofloxacine.
  • Céphalosporines : ceftriaxone.

Ces antibiotiques sont choisis pour leur capacité à pénétrer les tissus rénaux et éliminer efficacement les bactéries.

Suivi Médical Après le Traitement

Après 48 à 72 heures de traitement, une réévaluation médicale est essentielle. Le médecin vérifiera si les symptômes s’atténuent. Si l’évolution est positive, aucun contrôle supplémentaire n’est nécessaire. En revanche, si les symptômes persistent, des examens complémentaires, comme une nouvelle analyse d'urine ou un scanner des voies urinaires, peuvent être demandés pour ajuster le traitement.

Prévention et Conseils

Pour prévenir les infections urinaires et la pyélonéphrite, voici quelques conseils :

  • Boire beaucoup d’eau pour favoriser l’élimination des bactéries.
  • Uriner fréquemment, surtout après les rapports sexuels.
  • Maintenir une bonne hygiène intime.
  • Traiter rapidement toute cystite pour éviter qu’elle ne dégénère en pyélonéphrite.

Conclusion

La pyélonéphrite est une infection grave des voies urinaires qui nécessite une attention médicale rapide pour éviter des complications rénales potentiellement irréversibles. Si vous ressentez des douleurs lombaires, de la fièvre ou des frissons, consultez rapidement un médecin. Un diagnostic précoce et un traitement adapté permettent de guérir efficacement cette infection.

En cas de doute ou si vous présentez des symptômes inhabituels, n'hésitez pas à consulter votre médecin pour un diagnostic et une prise en charge adaptée.

StoryTime : Adèle, la serveuse

Adèle, 27 ans, navigue à travers les tables, un plateau en main, le sourire aux lèvres malgré la fatigue. C’est une habituée des longues soirées derrière le comptoir. Serveuse dans un bar depuis plusieurs années, elle connaît chaque recoin, chaque client régulier. Ce qu’elle connaît aussi, c’est la pression. Toujours à courir, toujours en mouvement, pas le temps de boire un verre d’eau ou même de s’asseoir pour une vraie pause. Et les infections urinaires ? Elles font partie du deal. Elle sait que dès qu’elle néglige son hydratation ou accepte un verre avec les clients, elle joue avec le feu.

Mercredi soir,Le bar est bondé. L’afterwork d’une compagnie d’assurance bat son plein. Ce sont des habitués. Ils rient, parlent fort, trinquent. Adèle les connaît bien. Parfois, elle se joint à eux pour un shot. Ce soir, elle hésite mais finit par lever son verre. Une décision qu’elle regrettera peut-être.

De retour chez elle, prudente, elle prend ses probiotiques comme une sorte de talisman contre les mauvaises surprises. Le lendemain, elle ajoute une dose de jus de cranberry à sa routine. Elle sent une légère gêne en allant aux toilettes, mais rien de trop inquiétant. Elle augmente son hydratation, pense avoir pris les devants.

Vendredi matin,Adèle se réveille, le souffle court, une douleur vive l’envahit à chaque passage aux toilettes. Les brûlures sont là, plus intenses. Son corps lui envoie des signaux d’alerte : nausées, fatigue. Elle n’a pas le temps pour ça. Ce soir, le bar sera plein à craquer, et ils manquent de personnel. Pas question de faire faux bond. Elle sort son arme secrète : un sachet d'antibiotiques de secours qu’elle garde précieusement pour ces moments critiques.

Samedi matin,Le réveil est brutal. La douleur a escaladé. Elle la sent dans son dos, sourde, mais persistante. Chaque passage aux toilettes est un supplice, et cette fois, c’est pire : du sang. Elle se sent brûler de l’intérieur. La fièvre est montée en flèche. Le miroir lui renvoie l’image d’un visage épuisé, blême. Elle sait que quelque chose ne va pas. Elle n’a plus le choix direction les urgences.

Le médecin la reçoit, sérieux. Après un rapide examen, le verdict tombe : pyélonéphrite. Une infection des reins, plus sérieuse qu’une simple cystite. La bactérie est montée jusqu’aux reins, explique-t-il, ce qui peut arriver si une cystite n’est pas traitée correctement. Chaque tapotement dans le bas de son dos est une explosion de douleur. Le diagnostic est confirmé : l’infection est sérieuse. Les analyses sont envoyées au laboratoire pour plus de précisions, mais le médecin ne perd pas de temps. Antibiotiques. Immédiatement.

Après trois jours de repos forcé, Adèle se sent revivre. Elle retourne au bar, légèrement affaiblie mais déterminée. Elle raconte à Justine, sa collègue et amie, son aventure. Justine, elle aussi, a connu la pyélonéphrite, mais avec moins de chance : trois jours d’hospitalisation.

Adèle, debout derrière le bar, un sourire en coin, quelle aventure…

Sources et références
  1. https://www.hug.ch/sites/interhug/files/structures/medecine_de_premier_recours/documents/infos_soignants/infections_urinaires_arce.pdf
  2. https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/formation/ecn-pilly-2020/ecn-2020-ue6-157-nb.pdf
  3. G. Bonkat (Chair), R. Bartoletti, F. Bruyère, T. Cai, S.E. Geerlings, B. Köves, S. Schubert, A. Pilatz, R. Veeratterapillay, F. Wagenlehner Guidelines Associates: W. Devlies, J. Horváth, G. Mantica, T. Mezei, B. Pradere, Guidelines Office: E.J. Smith, EAU Guidelines on Urological Infections, European Association of Urology 2022
  4. K. G. Naber, A. J. Schaeffer, C. Heyns, T. Matsumoto, and B. E. Bjerklund Johansen, Urogenital infections. 2010

Lire aussiComprendre la cystite : une infection urinaire

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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