Grossesse : comment prévenir les incontinences urinaires après un accouchement ?
Les incontinences urinaires font partie des problèmes les plus souvent rencontrés après un accouchement. C’est pourquoi, 6 à 8 semaines après celui-ci, il est vivement conseillé d’établir un bilan du plancher pelvien par un kinésithérapeute.
ParManon COLLERKinésithérapeute
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Les incontinences urinaires font partie des problèmes les plus souvent rencontrés après un accouchement. C’est pourquoi, 6 à 8 semaines après celui-ci, il est vivement conseillé d’établir un bilan du plancher pelvien par un kinésithérapeute. Cela permet d’une part d’examiner qu’il n’y a pas d’incontinence urinaire, et d’autre part de s’assurer que le plancher pelvien est suffisamment tonique: l’incontinence urinaire étant une des conséquences premières d’une faiblesse dans le plancher pelvien.
4 types d'incontinences urinaires
Il existe 4 types d’incontinences urinaires: L’incontinence urinaire d’effort : consiste en une fuite d’urine qui peut survenir lorsque l’on tousse, éternue, rit, ou fait un effort incluant une pression intra-abdominale; L’incontinence urinaire par regorgement : survient surtout chez les hommes qui prennent de l’âge. Elle est diagnostiquée lorsque la vessie stocke plus d’urine qu’elle ne peut en contenir, et ces fuites non maîtrisées s’écoulent au goutte-à-goutte; L’incontinence urinaire par impériosité : lorsque la vessie est hyperactive, elle se contracte alors qu’elle ne devrait pas, l’envie urgente d’uriner survient à cause de spasmes musculaires ce qui engendre une fuite d’urine; L’incontinence fonctionnelle : survient chez des personnes qui éprouvent l’envie d’uriner et qui ne peuvent pas satisfaire ce besoin à temps, car l’envie est provoquée par une déficience cognitive comme la démence sénile par exemple.
Les causes de l’incontinence urinaire
Ce n’est pas le vieillissement en soi qui est à l’origine d’une incontinence, mais plutôt les modifications que subit le corps. Ces modifications peuvent tout aussi bien provenir d'une grossesse, être liées à l’activité sexuelle ou à l’activité sportive. Souvent c’est une perte du tonus musculaire qui en est la cause. En général, les médias ou les annonces publicitaires apportent au grand public une image très déformée voire fausse de ce que sont les fuites urinaires : ils axent la cause de ces fuites comme une cause unique et adoptent une explication simpliste du problème.
Pendant la grossesse, il peut devenir difficile de stocker l’urine. La cause peut être une modification du corps ou des muscles de la vessie qui se relâchent. La situation peut alors s’avérer être un vrai calvaire pour les femmes enceintes qui peuvent cumuler incontinence urinaire et cystite !
Lors de la grossesse, il est facile de confondre cystite et relâchement musculaire. En cas d’envie d’uriner anormalement fréquente, nous recommandons de consulter un médecin, qui déterminera alors quel est le traitement adapté (antibiotiques éventuels en cas de cystite, ou kinésithérapie ciblée en cas de relâchement du plancher pelvien).
Néanmoins, il est important de savoir qu'en règle générale, la manipulation ostéo-articulaire des vertèbres et du bassin ne se fait pas durant la grossesse. Ces manipulations pourraient déclencher l’accouchement. Toutefois, il est possible par des séances de kinésithérapie ciblées de soulager la patiente.
Tonicité pelvienne et relaxine
La relaxine est une hormone qui peut être à l’origine du phénomène de relâchement musculaire au niveau du pelvis. Elle est sécrétée par le placenta pendant la grossesse, et peut être à l’origine d’un accouchement en cas de manipulation. C’est pourquoi les traitements par thérapie manuelle ou ostéopathique ne sont pas recommandés pendant la grossesse, même en cas de sciatiques ou de fuites urinaires. Le kinésithérapeute proposera alors des exercices ciblés sur le périnée, des massages ou des étirements.
Tonicité pelvienne et accouchement
Lors de l’accouchement, l’équipe médicale peut avoir recours à une épisiotomie : il s’agit d’une incision pratiquée au niveau du périnée pour favoriser l’expulsion du bébé. Cette épisiotomie peut aussi se produire naturellement (on parle alors de déchirure), cependant moins elle est contrôlée, plus elle risque de donner lieu à une future incontinence.
Cependant, d’autres facteurs sont aussi à prendre en considération, notamment une prise de poids trop importante, un «gros» bébé (au-delà de 4kg), les complications liées à l’accouchement (forceps, ventouse)… Tous ces éléments peuvent être à l‘origine de l’incontinence urinaire chez la femme enceinte.
#StoryTime : Élodie, jeune maman souffrant d'incontinences urinaires
Élodie est une femme de 30 ans. Elle a donné naissance à une merveilleuse petite fille, Chloé. La petite princesse est un beau bébé de 3kg400 et 55 cm. Il s’agit de sa toute première grossesse et tout s’est passé sans encombre, ainsi que l'accouchement.
Toutefois, depuis deux mois, Élodie se plaint de fuites urinaires lors de ses activités « normales ». Ces fuites ont commencé pendant la grossesse, et sont de plus en plus régulières. Alors devant son miroir, Élodie se souvient : son gynécologue lui avait pourtant prescrit des séances de kinésithérapie pour renforcer le plancher pelvien. Elle s’était dit, prise dans ses activités, et les préparatifs de l’arrivée du bébé que ce n’était pas nécessaire, puisqu’elle est jeune et active sportivement. Et puis à la naissance du bébé, tout s’est bousculé, et elle a été absorbée par l'enchaînement des événements, le manque de sommeil, au point où elle en a complètement oublié la prescription des séances de kiné.
Maintenant, Élodie est rattrapée par la réalité. La jeune maman reprend ses marques dans son nouveau rythme de vie avec son bébé, son activité professionnelle. Elle planifie de reprendre le sport, tout comme elle en avait l’habitude avant sa grossesse, et elle doit bien l’admettre : à présent ces fuites urinaires l'inquiètent. En discutant de ce souci avec son amie Claire, jeune maman elle aussi, elle se rend alors compte qu’elle n’est pas seule, et que c’est un problème courant qui accompagne la grossesse. Claire lui demande alors pourquoi son gynécologue ne lui a pas prescrit de séances de kinésithérapie ?
Élodie ne répond pas clairement à son amie et se rend compte de son erreur.
À retenir : Pour prévenir des incontinences urinaire post-partum???? Le kinésithérapeute demande des détails sur la grossesse et l’accouchement, afin de proposer une prise en charge optimale pour répondre à ses problèmes. Il/elle effectue ensuite un bilan urogynécologique (toucher vaginal) pour évaluer l’état des muscles du périnée.
Le kinésithérapeute, à la lumière de toutes ces informations, proposera une prise en charge adaptée, ainsi que des conseils sur la reprise progressive du sport et sur les bonnes pratiques au quotidien.
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Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.




