Tirzepatide : un nouvel allié contre le diabète de type 2 et l’obésité ?
Le tirzépatide, molécule du Mounjaro, est un médicament injectable développé par le laboratoire Eli Lilly, autorisé dans le traitement du diabète de type 2 chez l’adulte
ParDr. Bouba CAMARA-SAMPILMédecin généraliste / échographiste
5 min de lecture

Sommaire
- Qu’est-ce que le Tirzépatide ?
- Comment fonctionne la tirzépatide ?
- Un exemple concret pour mieux comprendre
- Ce que fait la tirzépatide
- Une approche intégrée : glycémie et comportement alimentaire
- Dans quels cas le tirzépatide est-il prescrit ?
- Quels sont les bénéfices observés ?
- 5. Quels sont les effets secondaires et les précautions à prendre ?
- Conclusion : un traitement prometteur mais encadré
Qu’est-ce que le Tirzépatide ?
Le tirzépatide, molécule du Mounjaro, est un médicament injectable développé par le laboratoire Eli Lilly, autorisé dans le traitement du diabète de type 2 chez l’adulte. Son principe actif, la tirzépatide, appartient à une classe thérapeutique, capable d’agir à la fois sur la glycémie (taux de sucre dans le sang) et sur le poids.
Contrairement aux autres molécules (Trulicity, Ozempic), la tirzépatide cible deux hormones intestinales clés impliquées dans la régulation du métabolisme et de l'appétit: les GLP-1 et les GIP. C’est cette double action qui le distingue des autres médicaments antidiabétiques injectables actuellement disponibles.
Comment fonctionne la tirzépatide ?
La tirzépatide, principe actif du Mounjaro, agit en imitant deux hormones naturelles produites par notre intestin après un repas : le GLP-1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (peptide insulinotrope glucose-dépendant). On parle d’un double agoniste, car cette molécule active à la fois les récepteurs du GLP-1 et ceux du GIP. Ces hormones jouent un rôle clé dans la régulation de la glycémie, la digestion et la sensation de satiété.
Un exemple concret pour mieux comprendre
Imaginons que vous venez de terminer une assiette de pâtes. Dès que les aliments arrivent dans votre intestin, ce dernier détecte la présence de nutriments, notamment des glucides (sucres). En réponse, il libère naturellement des hormones comme le GLP-1 et le GIP.
Ces hormones vont alors remplir plusieurs fonctions :
- Elles stimulent le pancréas pour libérer de l’insuline, l’hormone qui permet de faire baisser le taux de sucre dans le sang.
- Elles ralentissent la vidange gastrique, c’est-à-dire qu’elles ralentissent la vitesse à laquelle l’estomac se vide. Cela prolonge la digestion et renforce la sensation de satiété.
- Elles envoient un signal au cerveau, pour indiquer que le corps a reçu suffisamment de nourriture, réduisant ainsi l’envie de continuer à manger.
Ce que fait la tirzépatide
La tirzépatide renforce et prolonge ces effets naturels. En activant simultanément les récepteurs du GLP-1 et du GIP, elle améliore le contrôle de la glycémie uniquement lorsque celle-ci est élevée, ce qui limite le risque d’hypoglycémie.
Mais ce n’est pas tout : en ralentissant le fonctionnement de l’estomac, elle prolonge la digestion, ce qui provoque une sensation de satiété durable. De plus, son action sur le cerveau diminue l’envie de manger entre les repas. Résultat : les patients traités par tirzépatide ont tendance à réduire naturellement leurs apports alimentaires, sans effort particulier ni frustration.
Une approche intégrée : glycémie et comportement alimentaire
Ce double mécanisme permet à la fois de mieux réguler le sucre dans le sang et de réduire les prises alimentaires, ce qui peut conduire à une perte de poids significative chez certains patients. C’est cette capacité à agir à la fois sur le métabolisme et le comportement alimentaire qui distingue la tirzépatide des traitements plus anciens.
Dans quels cas le tirzépatide est-il prescrit ?
La tirzépatide est actuellement indiqué dans la prise en charge du diabète de type 2 chez l’adulte, en complément d’une hygiène de vie adaptée. Il est généralement proposé lorsque les autres traitements (comme la metformine) ne sont plus suffisants ou en association avec d’autres antidiabétiques, sur prescription médicale.
Le traitement est administré par injection sous-cutanée, une fois par semaine.
Il est important de préciser que, bien que ses effets sur la perte de poids soient encourageants, le tirzépatide n’est pas encore remboursé par les caisses de maladie au Luxembourg ni en France, mais il bénéficie d’une prise en charge en Belgique dans le cadre du traitement du diabète de type 2.
Quels sont les bénéfices observés ?
Les études cliniques ont montré des résultats particulièrement encourageants dont une réduction significative de l’HbA1c, marqueur du diabète à long terme.
De plus une perte de poids importante, pouvant atteindre 10 à 20 % du poids corporel initial, selon les doses utilisées.
Ces bénéfices ont été observés sans qu’un régime strict soit nécessaire, mais grâce à l’effet métabolique et régulateur de la tirzépatide sur l’appétit.
De nombreux patients rapportent d’ailleurs une réduction significative des apports alimentaires, proportionnelle à la dose administrée (dose-dépendante).
Cependant, après avoir une certaine dose, un patient présente des nausées importantes ou des vomissements entraînant une difficulté à s’alimenter, il peut être judicieux de revenir à la dose précédente afin d’améliorer la tolérance.
La tirzépatide a une indication dans la prise en charge de l’obésité, considérée aujourd’hui comme une maladie chronique.
Se pose alors une question importante : faut-il poursuivre le traitement une fois les objectifs pondéraux atteints ?
Le coût du médicament tirzépatide peut représenter un obstacle pour de nombreux patients, car il n’est pas remboursé en France ni au Luxembourg à l’heure actuelle. Cette absence de prise en charge oblige souvent les personnes concernées à financer entièrement leur traitement.
En Belgique, la situation est différente. Depuis le 1er juillet 2025, le tirzépatide peut être remboursé par l’assurance maladie, mais uniquement dans des conditions médicales strictes. Cette prise en charge concerne les personnes atteintes de diabète de type 2 dont la maladie reste insuffisamment contrôlée, malgré un traitement déjà en place.
Pour bénéficier du remboursement, le patient doit présenter une hémoglobine glyquée (HbA1c) supérieure à 7,5 %, malgré au moins trois mois de traitement antidiabétique, incluant obligatoirement la metformine. De plus, un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 kg/m² est requis, ce qui correspond à une situation d’obésité.
Il est important de préciser que le tirzépatide ne peut jamais être utilisé seul. Le traitement doit toujours être associé à la metformine, et parfois à d’autres médicaments contre le diabète, selon la situation médicale du patient. La prescription et le remboursement sont strictement encadrés par un professionnel de santé.
Aux Luxembourg, une alternative pourrait consister à réduire progressivement la posologie et à maintenir une dose d’entretien de 2,5 mg ou 5 mg, permettant éventuellement de stabiliser les résultats obtenus tout en limitant le coût et les effets indésirables...
5. Quels sont les effets secondaires et les précautions à prendre ?
Comme tout traitement actif, la tirzépatide peut entraîner des effets secondaires. Les plus fréquents sont des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, constipation ou encore des douleurs abdominales ou une sensation de ballonnement et parfois, une fatigue passagère, notamment au début du traitement.
Plus rarement, on a observé des cas de pancréatite, une inflammation du pancréas potentiellement grave. Il est donc important de consulter immédiatement en cas de douleurs abdominales sévères. De plus, chez certains patients prenant d’autres médicaments antidiabétiques, une hypoglycémie peut survenir. C’est pourquoi ce traitement doit être prescrit et surveillé par un médecin.
Le tirzépatide est un médicament soumis à prescription médicale. Toute utilisation doit se faire sous encadrement professionnel.
Conclusion : un traitement prometteur mais encadré
La tirzépatide constitue une nouvelle option thérapeutique dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité.
Son double mécanisme d’action, agissant à la fois sur les récepteurs GLP-1 et GIP, favorise une meilleure régulation de la glycémie et une réduction de l’appétit, ce qui se traduit souvent par une diminution du poids corporel.
Ce traitement doit toutefois être prescrit et suivi par un professionnel de santé, car il nécessite une évaluation médicale préalable et une surveillance régulière. Il s’inscrit dans une prise en charge globale du diabète et de l’excès pondéral, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique adaptée.
Sources et références
- Frías JP, et al. Tirzepatide versus Semaglutide Once Weekly in Patients with Type 2 Diabetes. New England Journal of Medicine. 2021;385:503–515. DOI:10.1056/NEJMoa2107519
- Jastreboff AM, et al. Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity. New England Journal of Medicine. 2022;387:205–216. DOI:10.1056/NEJMoa2206038
- European Medicines Agency. Summary of Product Characteristics - Mounjaro (tirzepatide). EMA, 2023.
- Haute Autorité de Santé (HAS). Avis sur l’inscription de Mounjaro dans le traitement du diabète de type 2. 2023.
- Lilly. Mounjaro® (tirzepatide) – Site officiel laboratoire. www.lilly.com
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.




