Naturopathie : cystite et intestin irritable
Les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) développent souvent des cystites. Pourquoi et comment les troubles de la flore intestinale peuvent engendrer la perturbation de la flore vaginale ?
ParSandra MarianacciNaturopathe
8 min de lecture

Sommaire
- Le microbiote intestinal et la cystite
- Les maladies inflammatoires intestinales et irritation de l'intestin, quelle relation avec la cystite ?
- Focus sur le côlon irritable et la cystite !
- Cystite, côlon irritable et constipation
- Qu’est-ce que la constipation ?
- Cystite, côlon irritable, naturopathie, quelle approche ?
- #StoryTime : "La naturopathie, c'est la vie !"
Les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) développent souvent des cystites. Pourquoi et comment les troubles de la flore intestinale peuvent engendrer la perturbation de la flore vaginale ? Quel est le rôle de la naturopathie dans ces cas de figure ? Voici les questions auxquelles Sandra Marianacci va répondre au sein de cet article.
Le microbiote intestinal et la cystite
Le microbiote est l'ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique. Il existe différents microbiotes dans l’organisme : au niveau de la bouche, de la sphère ORL, de la peau, du vagin, ou encore des intestins.
Le microbiote dont il sera question dans cet article est le microbiote intestinal, plus souvent connu du grand public sous son autre nom : la flore intestinale.
Son déséquilibre peut entraîner certains troubles, dont les infections uro-génitales qui sont l’objet de nos recherches.
La flore vaginale est étroitement liée au microbiote intestinal. Comme évoqué dans l’article “ cystite et probiotique”, ces bactéries sont essentielles à la protection des muqueuses et au bon fonctionnement de l’organisme. Le microbiote humain est composé de plusieurs milliers de milliards de micro-organismes, principalement localisés au niveau des intestins. Chaque individu a son propre microbiote, qui équivaut en quelque sorte à son empreinte digitale, et qui est composé principalement d’une multitude d’espèces de lactobacilles et bifidobactéries.
Les maladies inflammatoires intestinales et irritation de l'intestin, quelle relation avec la cystite ?
Parmi les maladies inflammatoires de l’intestin les plus courantes, on compte la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique (que l’on différencie du côlon irritable). Les principaux symptômes communs associés à ces maladies sont des douleurs abdominales, des constipations, des diarrhées ou encore des ballonnements.
L’ensemble de ces maladies qui touchent l’intestin jouent un rôle majeur dans les cystites chroniques (cystites récidivantes).
Focus sur le côlon irritable et la cystite !
Notre microbiote intestinal est composé de milliards de bactéries qui, dans un organisme sain, vivent en symbiose : c'est-à-dire qu’elles cohabitent en harmonie. Toutes ces bactéries sont essentielles pour développer une bonne immunité et entretenir une bonne assimilation des nutriments et un bien-être intestinal. Le côlon irritable, aussi appelé syndrome de l’intestin irritable (SII) peut se manifester de plusieurs manières:
- Une prédominance à la constipation (SII-C)
- Une prédominance à la diarrhée (SII-D)
- Une alternance constipation - diarrhée (SII-M ou mixte)
Il se déclare sous forme de crise, par exemple après une période de stress intense, en cas d’anxiété, de fatigue, ou suite à une mauvaise alimentation…
Par ailleurs, il a été mis en évidence que les patientes souffrant de côlon irritable sont davantage sujettes à l'irritabilité vésicale.
Cette maladie crée en effet une dysbiose intestinale, c’est à dire que les «?mauvaises bactéries?» naturellement présentes prendront le dessus sur les «?bonnes bactéries?». Un tel déséquilibre provoquera des constipations, des diarrhées, des ballonnements ainsi que des gaz et finalement une hyper-perméabilité de la barrière intestinale. Cette barrière filtre les aliments qui accèdent à la circulation sanguine : elle laisse passer les nutriments, vitamines et minéraux, mais pas les bactéries ou toxines. Lorsque les toxines de l'organisme parviennent à passer cette barrière, elles se retrouvent dans le sang et peuvent ensuite se déplacer dans le corps pour se retrouver au niveau de la vessie et créer une cystite. Dans cette situation, l’irritation chronique de l’intestin sera à l’origine de l'hyperactivité et irritabilité de la vessie. En effet, les crises répétées du côlon irritable vont engendrer l’accumulation de toxines dans l’organisme pour finalement parvenir à toucher la vessie, un organe voisin de l’intestin. On parle donc de cystite interstitielle.
Cystite, côlon irritable et constipation
Le côlon irritable, également appelé la colopathie fonctionnelle, est une maladie intestinale chronique. On trouve parfois dans la littérature son ancienne appellation “colopathie spasmodique”. Elle est assez courante et les symptômes qui la caractérisent sont principalement un inconfort abdominal, des diarrhées, une constipation, ou une alternance des deux.
Qu’est-ce que la constipation ?
À quel moment considère-t-on que l’on est constipé ? Rappelons que chaque cas est unique et que ce qui est valable pour une personne ne l’est pas forcément pour d’autres. Certaines personnes vont à la selle deux fois par jour, d’autres n’y vont que tous les deux jours. Médicalement, il a été défini qu’une constipation est avérée quand elle présente les caractéristiques suivantes :
- Fréquence inférieure à 3 passages par semaine,
- Selles dures,
- Difficultés d’évacuation.
Lorsque vous souffrez du côlon irritable, il n’est pas rare d’avoir des épisodes de constipation. Évidemment, un épisode de constipation n’est pas toujours synonyme de maladie chronique grave, et peut survenir chez tout le monde !
Il est également intéressant de savoir qu’une mauvaise évacuation des selles peut avoir un effet direct sur l’apparition des cystites et engendrer des cystites à répétitions, c’est pourquoi nous nous intéressons ici à la constipation.
En effet, les selles stagnantes favorisent le développement des bactéries au niveau de la marge anale. Ces bactéries peuvent coloniser la vessie et causer une cystite. L’idéal serait d’évacuer les selles de manière régulière pour éviter leur stagnation et ainsi empêcher une absorption trop importante de toxines.
Cystite, côlon irritable, naturopathie, quelle approche ?
Si vous souffrez de côlon irritable (colopathie fonctionnelle), un accompagnement naturopathique en complément de votre suivi médical pourrait être conseillé. Le naturopathe vous aidera à diminuer cette hyperperméabilité du côlon en travaillant sur votre hygiène de vie, et plus particulièrement sur vos habitudes alimentaires. Il ou elle vous accompagnera également sur le plan émotionnel, trop souvent négligé : apporter une aide à la gestion de votre stress, apprendre à réduire ou à chasser votre anxiété.
Un microbiote en «?bonne santé?» dépend de vos habitudes alimentaires. Par exemple, les micro-champignons responsables des candidoses (ou mycoses) raffolent des produits sucrés (sodas, céréales raffinées, chocolat). Et comble de malheur, ce type de mauvaises habitudes alimentaires est le menu favori de nos ennemies, les bactéries pathogènes, à l’origine des cystites.
Le travail du Naturopathe sera de comprendre votre fonctionnement : d’étudier vos habitudes alimentaires et d’apprécier les raisons qui ont permis l’instauration de certaines habitudes. Par exemple, les compulsions de sucre ne sont pas anodines et peuvent être expliquées de plusieurs manières. Par exemple, le stress (on mange par compensation) ; une envie irrépressible de sucre peut cacher une candidose intestinale ou un dérèglement hormonal.
L’idée est de trouver la cause originale et de résoudre le problème en l’attaquant à la racine, et non en se contentant d'agir superficiellement en allégeant les symptômes.
Dans un prochain article nous découvrirons quelles sont les bonnes habitudes de base à prendre pour avoir un bon transit.
#StoryTime : "La naturopathie, c'est la vie !"
Élodie a 42 ans, active, en pleine force de l’âge, est cadre dans un cabinet de conseil de renom. Pour elle, la pression est constante, et son entreprise est très exigeante sur ses performances : être aux petits soins pour ses clients est primordial.
Ainsi, pour être au top, Élodie adopte une hygiène de vie irréprochable : elle est très sportive, pratique le cyclisme et la course à pied. Elle s’efforce d’avoir une alimentation aussi équilibrée que possible avec son rythme de vie soutenu.
Depuis plusieurs mois, elle n’est pas bien dans sa peau, elle est en perte de vitesse. Elle a des crampes dans le ventre, des ballonnements, et - encore plus dérangeant - elle a parfois des gaz, ce qui dans son environnement de travail représente un réel problème : elle en perd ses moyens, et sa confiance en soi en prend un sérieux coup.
Elle a consulté plusieurs fois son médecin de famille, qui lui a conseillé de consulter un confrère gastro-entérologue. Celui-ci lui a prescrit une coloscopie qui s’est avérée normale.
Cependant, à la suite des différents symptômes et examens réalisés, les médecins lui ont diagnostiqué un syndrome de l’intestin irritable.
Elodie est déroutée, elle a l’impression de faire tout ce qu’il faut, et pourtant rien n’y fait. Ces épisodes de diarrhée ou de constipation se répètent au fil du temps, sans qu’elle puisse comprendre ce qui déclenche ces crises.
Lors d’une discussion avec une collègue où elle évoque son problème, celle-ci lui conseille de prendre un rendez-vous chez une naturopathe qui lui a permis d’améliorer significativement sa qualité de vie.
Elle présente des intolérances aux glutens, aux oléagineux et certaines légumineuses donc son alimentation est plutôt restreinte.
La naturopathe lui propose d’abord de travailler sur la barrière intestinale. Elle lui conseille de prendre de la glutamine pendant deux mois. La glutamine fait partie des acides aminés qui entrent dans la composition des protéines. Elle apporte notamment de l'énergie aux cellules de l'intestin, améliore la digestion et limite le risque de problèmes intestinaux, surtout avant une séance de sport. En parallèle, pour la gestion de son stress, sa naturopathe lui conseille la réflexologie plantaire.
Après quelques semaines de glutamine, et de réflexologie plantaire, Elodie remarque une amélioration franche et est ravie de son essai avec la naturopathe. Elle sent que son stress diminue et qu’une nouvelle forme d’équilibre s’installe dans sa vie. Elle réalise alors qu’elle avait oublié de réserver un peu de temps pour prendre soin de soi. Sa digestion s’est nettement améliorée et elle connaît beaucoup moins d’épisodes de troubles digestifs.
Par ailleurs, pour tenter de réduire l’inflammation de bas grade : vous savez, ces réactions inflammatoires qui accompagnent la prise progressive de kilos superflus qui encrassent l'organisme? Elle lui propose des compléments alimentaires et une alimentation anti-inflammatoire. Cette dernière, recommandée par la naturopathe, se compose de petits poissons à chair grasse et des graines de lin entre autres.
Ensuite, à l'aide de probiotiques (sans Fodmaps = fermentescibles Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides et Polyols, pour éviter les fermentations), elle a renforcé son microbiote.
Depuis, ses douleurs ont disparu. Maintenant elle est autonome car la naturopathe lui a appris à être à l’écoute de son corps et à mieux le connaître. Elodie sait reconnaître quand son corps a besoin d’une cure de glutamine ou de probiotiques et a appris à reconnaître quand elle en ressent le besoin. Elle est très reconnaissante du conseil de sa collègue, et aussi d’avoir suivi les recommandations proposées par sa naturopathe.
Petits Rappels :
- Le cas d’Élodie est un cas réel et particulier, qui ne s’applique qu’à cette situation et pour un individu particulier suivi par un médecin et une naturopathe.
- La naturopathie, comme précisé dans l’article, est en renfort d’une prise en charge médicale qui est indispensable.
- Chaque prise en charge avec une naturopathe est spécifique à un individu.
Sources et références
- Corinna Koebnick 1, Irmtrud Wagner, Peter Leitzmann, Udo Stern, H J Franz Zunft,Probiotic beverage containing Lactobacillus casei Shirota improves gastrointestinal symptoms in patients with chronic constipation,2003 No
- M.Dufféey, Syndrôme de l’intestin irritable, Hachette bien-être
- G.Enders,Le charme discret de l’intestin: tout sur un organe mal aimé,
- L.Grundy, S.M.Brierley, Cross-organ sensitization between the colon and bladder: to pee or not to pee, First published November 16, 2017;
- P,Gérard, A. Benalier-Donadille, Les fonctions majeures du microbiote intestinal. Cah Nutr Diét 2009
- M.Rondanelli, A.Giacosa, M.Anna Faliva, S. Perna, F.Allieri, A. Castellazzi, Review on microbiota and effectiveness of probiotics use in older, Published online 2015 Feb 16
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Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.




