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Les 3 infections sexuellement transmissibles bactériennes les plus courantes : Chlamydia, Gonorrhée, Mycoplasme

Le Dr. Camara-Sampil reviennent sur certains éléments importants relatifs aux IST, la différence avec la cystite et les différents symptômes qui caractérisent les IST les plus répandues.

7 min de lecture

IST test

Les infections sexuellement transmissibles (IST), anciennement appelées MST (maladie sexuellement transmissible), sont largement répandues dans notre société. Elles touchent aussi bien les hommes que les femmes. Leur fréquence tend à augmenter dans la population mondiale. Elles peuvent être asymptomatiques ou présenter des manifestations. Les conséquences chez la femme sont multiples et doivent être prises en charge rapidement.

Le Dr. Camara-Sampil revient sur certains éléments importants relatifs aux IST, la différence avec la cystite et les différents symptômes qui caractérisent les IST les plus répandues.

Qu’est ce qu’une IST ?

Les organes touchés par les IST sont:

  • l’utérus (col de l’utérus), on parle alors de cervicites
  • l’endomètre, on parle ici d’endométrites
  • les trompes, on parle de salpingites

Les connaissances en termes d’infections sexuellement transmissibles sont relativement pauvres. Un dépistage fréquent est important pour toute personne sexuellement active, car de nombreuses infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques, c’est-à-dire que le porteur ne présente aucun symptôme. Cependant cela ne l’empêche pas d’infecter son ou sa partenaire.

Les IST peuvent avoir des conséquences à gravité variable comme :

  • infections génitales graves,
  • grossesses extra utérines,
  • stérilité,
  • cancer.

Parmi les facteurs favorisant la transmission des IST, nous trouvons:

  • les rapports non protégés,
  • des partenaires sexuels multiples ,
  • une situation sociale précaire,
  • des rapports sexuels précoces.

Par ailleurs, une étude a montré que plus de 500.000 personnes contractent chaque jour une IST. Les principaux germes responsables des IST sont le Papillomavirus humain (HPV), l’Herpes simplex virus (HSV), le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Treponema pallidum.

Quelles sont les différentes formes d’IST ?

Parmi les infections sexuellement transmissibles, il faut différencier celles d’origine virale, de celles d’origine bactérienne (il existe d’autres origines, notamment fongiques – des champignons mais nous ne les aborderons pas ici).

Les IST d’origines virales :

  • virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
  • Herpes simplex (HSV)
  • Human PapillomaVirus (HPV)
  • Hépatite B
  • Hépatite C

Les IST d’origines bactériennes :

  • SYPHILIS (treponema pallidum)
  • CHLAMYDIA trachomatis
  • Mycoplasme
  • Neisseria Gonorrhea
  • Gardnerella vaginalis
  • Lymphogranulomatose vénérienne (LGV)

La cystite, tout comme les infections sexuellement transmissibles, portent atteinte à la zone intime, mais il s’agit de deux phénomènes très différents. Les IST infectent principalement l’appareil génital, alors que les infections urinaires comme la cystite touchent les voies urinaires.

La cystite n’est pas une infection sexuellement transmissible !!!

Nous aborderons ici les IST d’origine bactérienne chez la femme, en particulier les plus fréquentes : la chlamydia, le mycoplasme et la gonorrhée.

Focus sur la Chlamydia trachomatis

Chlamydia trachomatis est une bactérie qui vit à l’intérieur d’une cellule. Son cycle de vie est de 48-72 heures. Cette bactérie se fixe préférentiellement au niveau des muqueuses, c’est-à-dire au niveau de l’urètre, de l’endocol, du rectum, du pharynx ou encore de la conjonctive.

Mode de transmission

Il existe deux principaux modes de transmission de Chlamydia trachomatis :

  • D’une part, cette infection se transmet par contacts sexuels non protégés, lors de l’échange de fluides biologiques d’une muqueuse à l’autre.
  • L’autre mode est qualifié de “transmission verticale” : l’agent pathogène (virus, bactérie) se transmet de la mère à l’enfant. Dans le cas de Chlamydia trachomatis c’est lors de l’accouchement que la bactérie passe de l’organisme de la mère à celui de l’enfant.

Chlamydia trachomatis et Symptômes

Dans la plupart des cas, la Chlamydia est asymptomatique chez la femme. Si des symptômes apparaissent, ceux-ci surviennent généralement 1 à 3 semaines après la contamination. Ils sont discrets et divers :

  • Pertes vaginales blanchâtres inhabituelles liées à l’inflammation du col de l’utérus et irritation de la vulve,
  • Douleurs lors des rapport sexuels,
  • Douleurs dans la partie inférieure de l’abdomen,
  • Douleurs et brûlures en urinant (comme des lames de rasoirs),
  • Saignements possibles après des rapports sexuels ou entre les règles ,
  • Douleurs à la gorge possible,
  • Douleurs anales et écoulements par l’anus.

Lorsque la Chlamydia n’est pas dépistée et, surtout, pas traitée à temps, les conséquences peuvent être très graves : infections génitales sévères, une grossesse extra utérine, stérilité, ou même cancer, dans le pire des cas.

Focus sur les Gonocoques

La Gonorrhée, également nommée blennorragie (ou de manière plus vulgaire, chaude-pisse ou chtouille), est une infection qui touche un public majoritairement jeune (moins de 30 ans), et masculin.

Mode de transmission

Le responsable est le gonocoque, qui se transmet comme la chlamydia lors de rapports non protégés. Cette bactérie se fixe préférentiellement au niveau des muqueuses (urètre, endocol, rectum, pharynx ou conjonctive), et, par échange de liquides biologiques d’une muqueuse à l’autre. La Gonorrhée peut aussi se transmettre par transmission verticale de la mère à l’enfant lors de l’accouchement. L’infection par Gonocoques augmente la susceptibilité à une co-infection par le VIH.

La Gonorrhée et Symptômes

Tout comme la chlamydia, la gonorrhée est généralement asymptomatique. En cas de présence de symptômes, ceux-ci surviennent généralement 2 à 5 jours après la contamination.

Si des symptômes surviennent, ils se manifestent le plus souvent sous les formes suivantes :

  • Pertes vaginales inhabituelles, des douleurs dans le bas-ventre et une irritation de la vulve,
  • Douleurs avec une sensation d’uriner des lames de rasoir, et la survenue de saignements entre les règles ou possiblement par des règles plus abondantes,
  • Douleurs à la gorge et des douleurs anales (souvent avec écoulement de liquide).

Si la Gonorrhée n’est pas dépistée et surtout traitée à temps, les conséquences peuvent être dramatiques : maux de ventre chroniques, inflammation de l’utérus et des trompes de Fallope, et parfois même l’infertilité.

Focus sur le Mycoplasma genitalium

Mode de transmission

Comme les deux IST citées précédemment, le Mycoplasma genitalium se transmet lors rapports non protégés (tant par voie anale que par voie vaginale). Sa présence au niveau de la gorge est rare. L’infection par Mycoplasme augmente la susceptibilité à une co-infection par le VIH.

Le Mycoplasme et Symptômes

L’infection à Mycoplasme est le plus souvent asymptomatique, ce qui comme pour les autres infections évoquées la rend difficilement détectable.

En voici quelques symptômes :

  • Pertes vaginales inhabituelles,
  • Saignements se produisant entre les règles ou survenant après un rapport sexuel avec pénétration vaginale,
  • Douleurs en urinant,
  • Rectites (inflammation du rectum) accompagnées de douleurs anales et de saignements.

Si l’infection à mycoplasme n’est pas dépistée et traitée à temps, les conséquences sont similaires à celles des autres infections (maux de ventre, inflammation de l’utérus, stérilité, etc).

Conclusion

Pour ces trois infections sexuellement transmissibles, les mécanismes de transmission sont assez semblables. Par ailleurs, les symptômes le sont aussi, ce qui rend la tâche compliquée pour distinguer la chlamydia d’une gonorrhée ou bien du mycoplasme.

Il est important de comprendre que la plupart de ces infections sont assez sournoises, car elles sont très fréquemment asymptomatiques, et les manifestations apparaissent souvent bien trop tard, et les dégâts sont alors parfois irréversibles.

Comment l’empêcher / comment surveiller ?

Au vu des conséquences parfois dramatiques de ces IST, en prévention, il est essentiel de prévoir un dépistage chaque année, et d’être suivi régulièrement.

La protection lors des rapports sexuels est également nécessaire pour éviter la contamination, puisque les IST sont souvent asymptomatiques.

#StoryTime : Cystite ou IST

Clarisse, 28 ans, dynamique et sportive, est forte et indépendante. Sa carrière professionnelle est sa plus grande fierté. Si Clarisse a tout pour réussir professionnellement, sa vie privée ressemble à des montagnes russes ! Elle ne rate jamais un afterwork le jeudi soir et ne se prive pas d’un bon verre de rosé à l’occasion.

Un matin, elle se réveille avec une sensation de brûlure lors de son passage aux toilettes. Elle sait qu’elle est sujette aux infections urinaires, ne se pose donc pas plus de question, prend son antibiotique en prise unique : elle en a toujours “au cas où”. Elle ne néglige pas le passage en pharmacie pour prendre les probiotiques que son médecin traitant lui a conseillé dans ces situations.

Le lendemain, Clarisse est encore gênée, alors que les médicaments font généralement effet rapidement. En plus, elle ressent des douleurs au bas ventre et commence à avoir des pertes encore jamais vues.

A partir de ce moment, elle commence à s’inquiéter… mais elle a devant elle une journée remplie de réunions, en présentiel et en visio, elle doit être au top de sa forme. Impossible de passer chez un médecin aujourd’hui, elle remet ça à plus tard.

Elle a beau boire beaucoup (3 litres par jour !) et prendre ses probiotiques de manière assidue, Clarisse n’arrive pas à se débarrasser de cette gêne intime. Elle se rend donc à l’évidence : elle doit passer chez son médecin traitant. En discutant avec lui, elle se remémore la soirée du jeudi précédent. Après une longue journée, elle avait besoin de décompresser, et elle a croisé Philip, avec qui le contact est immédiatement passé. Une chose en amenant une autre, elle l’invite chez elle et ils font l’amour. Et quand elle y repense, elle n’est pas certaine qu’il ait mis un préservatif…

Le diagnostic est clair, elle a un chlamydia trachomatis, une IST habituellement asymptomatique. Heureusement pour Clarisse, son corps a lancé l’alerte à temps! Son médecin lui explique que, non traitée, cette infection aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour sa santé. Heureusement, le traitement est simple, un antibiotique en prise unique suffira à remettre Clarisse en forme !

Elle le sait, la protection lors des rapports “safe sex” est primordiale. En sortant de la consultation, elle passe acheter des préservatifs. Qui sait ? Son prince charmant sera peut-être là lors du prochain afterwork.

Sources et références

Lire aussiPrévenir les Cystites avec les Probiotiques : Conseils et Guide Complet

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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